Tuskaland

Toponymie maritime

Quelques noms scandinaves apparaissant sur le littoral français.

De nombreux toponymes cotiers sont d'origine scandinave

Holm, îlot : Olonne, Leon, Houme, Houmeau, Bohomme, Oulme

Ey, île : Yeu, Aix, Dolus, Groix, Jersey, Guernesey, Doix

Fjera, estran : Fier à Oléron et Noirmoutier.

Vik, golfe : Le Grand Village, le Grand Vieil, Vielle-Saint-Girons, By, Veche, Vache,

Gat, passage : Gatseau, Chay, Chet, Huchet, Auchets,  Chaillevette,  Antioche, le Gois.

Gatborg, chateau du passage: Gatebourse, Chaizebois, Chedebois, Chabot, Chef-de-Baie, Bois de la Chaise.

Maerk, amer : Lamarque, Marquedey

Maesker, gorge : Meschers, Mesquer

Haka, promontoire : Hoc, Gardague

Vard, observatoire : Gardague

Hamn, port : Royan, Bayonne, Capbreton, Lesparre, Mimizan, Marenne, Maremne, Marensin, Bayon.

Fiskigard, enclos a poisson : Figart, Fiscarnaud

Ström, courant : Trompe-Sot

Ras, courant : Pointe du Raz, Lette du Ras

Malmhushamn, port de la forge, chantier naval : Mimizan, Maumusson, Manson, Marmisson.

Rade (rada), flotte (flotti), estran (strand), mascaret (maeskerras)

 

Toponymie de l'estuaire de la Gironde.

Hamn, le port.

Lilhan (Soulac) pourrait être une évolution de lille-hamn, le petit port. Lesparre, anc. Sparram, le port de l’éperon. Royan, le Port de Ragnar. L’Aigron -au Verdon, aujourd’hui disparu- le port d’Asgeir, Bayon-s/Gironde a sans doute été lui aussi un toponyme en hamn. Marennes (17) et Maremne (40) s’orthographiaient tous deux Marepnes. Ils sont logiquement des évolutions de Marhamn, le port de Mar.

Maerk, amer.

Dans l’estuaire très dangereux de la Gironde avec ses bancs changeants et ses courants violents, il était très important que les capitaines aient des repères visuels sûrs pour évaluer leur position de manière certaine. Les Scandinaves vont ériger des « maerk », terme à l’origine de notre amer. Ces maerk sont présents dans la toponymie girondine.  Lamarque, Margaux, Macau, anc. Marquaye, sont vraisemblablement des maerk scandinaves. Meschers pourrait être rapproché de Mesquer (44). Maesker désigne une « gorge » un resserrement du fleuve. Le mot gascon mascaret pourrait venir de maesker-ras, le courant de gorge. C’est en effet le resserrement du fleuve qui provoque l’apparition de cette vague.

Gat, passage.

Ce mot qui a donné gate en anglais désigne un passage. On reconnaît ce mot dans Gatebourse à Royan. Mais ce mot va connaître une autre évolution qui le rend plus délicat à identifier. Gat va être latinisé en gatus, le chat. La Pointe du Chay à Royan, mais aussi à la Rochelle, est en fait la pointe du gat. Chaillevette est à rapprocher de Chevêche et de Chef-Chef. Chaille, Che correspondent à gat, vèche et vette correspondent à vik, le golfe. Gatvik se traduit littéralement pas Golfe du passage ou baie du détroit…

Vik, le golfe.

Le Port de By, anc. Port de Bic, est une évolution, de vik, golfe. Il désigne le marais de By, un ancien bassin. Sur Oléron, le Grand Village, anc. Le Grand Ville, est manifestement un vik latinisé en vicus, ville. Le Grand Viel à Noirmoutier a la même origine. Plus au sud, Vielle-Saint-Girons fait sans doute allusion à un vik celui de Maremne aujourd’hui disparu.

Ey, île.

Jau-et-Dignac, anc. IauxJau, comme Yeu et Aix  est une évolution de ey, île.

Sparr, éperon.

 Lesparre ne fait pas allusion à un chef viking. Anciennement Sparram, il signifie le Port de l’Eperon. Effectivement, sous le château de Lesparre on trouve encore la trace du port médiéval.

Holm, îlot.

On va trouver Olonne, Léon, anc. Lhon,  Cap de l’Homy, Bonnemie sur Oléron. L’Houmeau à la Rochelle. Pas d’occurrence a priori dans le Médoc.

De tous ces éléments toponymiques, ce sont bien évidemment les ports les plus significatifs. L’Aigron, Bayon, Royan, Marenne portent les noms de chefs majeurs. Un seul chef n’a pas de port à son nom, Hastein. Mais ce n’est pas surprenant. D’après Richer, Hastein aurait été un paysan de Champagne qui aurait rejoint les rangs danois très jeune et qui se serait rapidement imposé parmi les Hommes du Nord comme un chef exceptionnel. Hastein était certes exceptionnel par son courage, sa ruse, et sans doute sa cruauté, mais il n’était pas un marin. C’est sans doute la raison pour laquelle il n’a jamais eu de port à son nom. On peut penser que lorsqu’Hastein a accompagné Björn en Méditerranée, il fut probablement secondé par un marin expérimenté, peut-être Mar.