Tuskaland

865, la mort d'Asgeir et les représailles de Brissarthe

Les annales nous apprennent qu'en 863, les Normands et leur allié Pépin attaquent  Poitiers, ils rançonnent la cité, puis brûlent l’abbaye Saint Hilaire, située hors les murs.  Charles le Chauve mobilise une armée sans doute confiée au comte de Clermont. Les Normands se portent aussitôt sur Clermont, tuent son comte  et « retournent impunément à leurs navires » (il pourrait s’agir d’une métaphore ; les alliés de Pépin disposent de camps et de forteresses dans son royaume depuis des années).

Puis ces troupes avancent sur la Loire, un terrain qu’elles connaissent mal car il est depuis toujours contrôlé par Hastein. Pépin est capturé par les hommes de Charles le Chauve. « Pépin, l’apostat est enlevé, par l’adresse des Aquitains, du milieu des Normands… » Ce fait d’armes est imputable au comte Rannoux de Poitiers. Quelques semaines plus tard, Robert le Fort, comte d’Angers, surprend une force viking et la massacre.

En 864, « Robert, comte d’Angers, ayant attaqué deux troupes de Normands qui résidaient sur le fleuve de Loire, tue presque tous les hommes d’une de ces troupes, à l’exception de quelques-uns qui s’échappent par la fuite ; mais l’autre troupe, plus forte, arrivant par derrière, le blesse ; en sorte qu’il prend le parti de se retirer… » Il est possible qu’Asgeir ait été tué au cours de ce combat car la réaction de ses hommes est très violente : « Les Normands qui habitaient sur la Loire, favorisés par le vent, voguent avec la plus grande impétuosité jusqu’au monastère de Saint-Benoit, dit de Fleury, y mettent le feu, et en revenant, livrent aux flammes la ville d’Orléans, ses monastères et tous les édifices environnants. » La destruction du monastère de Fleury, un des plus importants de la Chrétienté jusqu’alors épargné, revêt une très grande valeur symbolique : les Danois veulent « venger » un revers majeur. Il est cependant possible que la capture de Pépin soit la cause de ces représailles.

Il est possible également qu’Asgeir ait été tué l’année suivante en 865. Les Annales de Saint Bertin nous apprennent : « Robert ayant tué, sans perdre aucun des siens, cinq cents de ces Normands établis sur la Loire, envoie à Charles des enseignes et des armes normandes. » Cette capture d’enseignes constitue une prise si rare que le comte d’Angers les adresse à son roi. Robert le Fort vient, selon toute vraisemblance, d'anéantir un Saekonung entouré de sa Hird, sa garde d’honneur, et de s’emparer de ses couleurs.

Cette execution va provoquer des represailles.