Tuskaland

ARCHEOLOGIE : à la recherche du port d'Angresse...

En toure logique, la presqu'île d'Angresse accueillit un port médiéval. Celui-ci pourrait être d'origine viking et renfermer des vestiges caractéristiques de cette époque. 

 

 

Carte guillaume delisle 1712 adour

Un peu d’histoire…

Au moment des invasions vikings et jusqu’au XIVe siècle, l’embouchure de l’Adour se trouvait à Capbreton. Naturellement, les Vikings vont s’installer à cette embouchure. Or, autrefois il existait un bassin semblable au bassin d’Arcachon qui recouvrait les marais d’Angresse. Les Vikings s’installèrent sur les pourtours de ce bassin :  Seignosse (Hastein), Tosse (Tossi), Saubion (Soybjörn), Bénesse (Björn), Hossegor (Asgeir).

Au cœur de ce bassin,  se trouvait la presqu’île d’Angresse. C’est logiquement sur cette péninsule que les Hommes du Nord créèrent un port. Les noms Port du Haut et Port de Bas sont toujours présents dans la toponymie du lieu.  Angresse est à rapprocher d’Angreville en Normandie, anciennement Asgeirvilla. Ainsi, Angresse et la commune voisine d’Hossegor font référence au même chef scandinave. Ce chef était le bras-droit, le frère juré de Ragnar, le chef de l’invasion. Asgeir était selon toute vraisemblance le logisticien, celui qui fut en charge d’organiser la construction des flottes de l’invasion. Il serait logique de découvrir non seulement un port, mais aussi un chantier naval à Angresse.

Le bassin d’Angresse commencera à s’ensabler lorsque l’Adour trouvera son embouchure au Port d’Albret vers 1360 et surtout en 1578, lorsque Louis de Foix détourne l’Adour à Bayonne. Lorsque Hossegor deviendra une station balnéaire au début du XXe siècle, le Bouret sera barré par des sas afin d’empêcher que le sable ne s’accumule dans le chenal et l’ensable. Ce faisant, les vestiges du bassin sont transformés en marais, désormais classés en zone naturelle. Rétablir le bassin signifierait détruire l’équilibre de la zone naturelle existante pour en créer une différente.  La montée des eaux pourrait forcer les hésitations et rendre les marais au domaine marin.

 

La prospection.

Rendez-vous fut pris le 8 septembre 2018. Une petite dizaine de passionnés s’étaient retrouvés pour tenter de repérer le port.  Idéalement, un chantier naval avec rivets, outils, voire scories révélant l’existence de fours auraient permis de valider un site viking.

D’entrée, nous avons rejoint un lieu où se trouvaient d'énormes galets.  Ils n'avaient aucune raison de se trouver au cœur des marais. Il s’agissait en tout logique de lests de navires jetés par-dessus le bord d’un navire surchargé. Cela pourrait indiquer que le port se trouvait non loin de là. Malheureusement, les zones bâties jouxtent les marais et la prospection y était impossible.

Nous sommes donc allés plus loin, hors des zones bâties, sur la berge dominant les marais aux lieudit l’Eglise. Ce lieudit fait référence à une église aujourd’hui disparue qui se trouvait face au Bouret, le bras de mer reliant la bassin à l'embouchure. Logiquement, elle devait dominer le port ancien. De ce lieudit, situé 3 à 4 mètres au-dessus des marais, une large descente creusée dans la berge permet de rejoindre le rivage. Cette descente aurait pu autrefois mener au port.

Les douilles de cartouche et les débris de matériel agricole viennent perturber la prospection.

Le bilan d’une prospection rapide ne nous a pas permis d’identifier aucun objet pouvant de près ou de loin se rattacher au monde scandinave. Ce n’était pas une déception. La déception est de ne pas avoir réussi à localiser le port médiéval.

Seules découvertes remarquables, un Napoléon et une pièce de 20 francs de 1950.

Mais la prospection n’est pas terminée. Il faut continuer de chercher pour trouver le port d’Angresse. Celui-ci identifié, peut-être aurons nous la chance d’identifier des vestiges de la présence scandinave.

 

Les fouilles à venir…

A terme, c’est le chenal du Bouret qui mériterait d’être prospecté comme le fut le lit de la Charente à Taillebourg entre 2001 et 2009.  Le port de la Pointe de Capbreton se trouvait autour de la chapelle templière. Le lit du Bouret qui fait une quinzaine de mètres de large pourrait avoir eu 50 à 100 mètres de large à l’époque. Les berges étant recouvertes par le bâti, la seule zone prospectable est le lit du Bouret lui-même.

 

Tallé, la Ragnarök gascon.

La bataille de Taller -anc. Tallé-  opposa les seigneurs gascons d'origine scandinave aux troupes gasconnes et navarraises. Ce fut un  carnage effroyable qui mit fin à 142 années de domination scandinave en Gascogne. Cette bataille est considérée comme mythique par certains historiens, d'autres la considèrent comme un simple raid repoussé. Cette bataille permit la refondation de l'abbaye de Saint-Sever dès 985, le retour de la Gascogne dans la famille chrétienne et donna naissance à la tradition de la Torrele de Capbreton. Cela fait beaucoup pour un simple raid repoussé...

Plus intéressant encore, une prospection rapide fut menée au début des années 1980 et celle-ci permit la découverte de quelques dizaines de pièces (photos ci-jointes) qui ont été "égarées" depuis... Leur disparition va sans doute être considérée comme la preuve du caractère mythique de la bataille...

Tout n'est sans doute pas contemporain de la bataille dans le lot, mais il aurait sans doute été intéressant de procéder à une étude détaillée de la collecte... Il est étonnant de voir comment en Gascogne, dès que des éléments concernant les Vikings sont découverts, ces derniers disparaissent presque automatiquement. 

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