Tuskaland

ADN scandinave en France

Coup sur coup, je reçois ce 30 avril 2019 deux rapports de particuliers qui ont eu recours aux services de My Heritage DNA, un site américain se proposant de faire des recherches sur vos origines à partir de votre ADN. Je ne sais pas ce que valent ces tests, ni si la méthodologie qui préside à leur élaboration est scientifiquement objective, ni si les interprétations des données reccueillies ne sont pas trop simplistes. Par contre, ce qu'il y a de certain, c'est que, quelle que soit la méthode choisie, les données ADN aboutissent à des résultats comparables et cohérents entre eux. C'est donc en amassant une multitude d'études de ce type que l'on pourra tirer des conclusions raisonnées. 

My heritage dna

Yves de Vannes, Morbihan a reçu la répartition suivante :

- Ecosse, Irlande, Bretagne, Galles : 67.2 % 

- Scandinavie : 25.7 %

- Péninsule ibérique : 7.1 %

On voit qu'Yves a des ancêtres sur toute la façade atlantique. La proportion de gène scandinave (25%) est très importante, mais peu étonnante puisque les Hommes du Nord ont essaimé sur l'ensemble des rivages atlantiques des Orcades à Gibraltar. De manière générale, les tests ADN révèlent une plus forte proportion de gènes scandinaves en Bretagne qu'en Normandie. L'explication est assez simple : il y a plus de côtes en Bretagne qu'en Normandie. Les peuples d'Armorique (Vénètes, Osismes, Coriosolites), vaincus par les Romains, ne vont plus avoir le droit de naviguer en haute mer. Les Romains vont s'arroger le monopole du transport maritime international et les Armoricains vont perdre une grande part de leur savoir-faire naval. Lorsqu'ils deviennent chrétiens, c'est pire encore: privé de sépulture enterrée, le chrétien mourant en mer verra son âme maudite condamnée à errer sur les flots. La mer devient synonyme d'enfer et les peuples chrétiens s'en détournent. Aussi, lorsque les Scandinaves arrivent dès le 8e siècle, ils découvrent des côtes largement délaissées par les Bretons. Les Hommes du Nord s'installent dans les port romains abandonnés et vont cohabiter pendant plus d'un siècle avec les Bretons de l'intérieur. Ces "Bretons" d'origine scandinave ne sont jamais repartis et ce sont eux qui vont rendre à la Bretagne son identité maritime. 

 

Anne d'Orthez, Pyrénées-atlantiques, a obtenu les résultats suivants : 

- Europe du sud - ibère : 75.7% 

- Europe du Nord et de L'Ouest - scandinave : 15.5%

- Europe de l'Est, peuples des balkans :  8.8%.

Cette proportion scandinave n'a aucune explication logique selon Anne. La probabilité est qu'elle soit -comme la plupart des Aquitains - partiellement descendante des Scandinaves de Gascogne. Logiquement, les Gascons ont tous des gènes scandinaves. Pour apprécier la portée de ce pourcentage, il convient de le comparer avec ceux des terres ayant connu les hommes du Nord (Bretagne et Normandie) et des régions qui n'ont pas été touchées par les hommes du Nord a priori (Corse). Quoique, en Corse, il n'est pas exclu que l'on découvre des gènes scandinaves.  

De manière très intéressante, Anne a indiqué que des traditions familiales évoquaient l'existence d'ancêtres Cagots et que d'autres anncêtres étaient tisserands. Ces derniers pourraient également avoir été des Cagots. Nous pensons que les premiers Cagots, les Agots apparus autour de l'An Mil en Gascogne et Navarre auraient été des descendants des occupants scandinaves de la Gascogne vaincus en 982 après 142 années de domination.