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PRESSE : Que doit-on aux Vikings ? SUD-OUEST

Conference du 7 mai 2018 a Capbreton

Landes : que doit Capbreton aux Vikings ? (Sud Ouest 11/05/2018)

 

Landes : que doit Capbreton aux Vikings ?
 

Lors d’une conférence, Joël Supéry a exposé les indices locaux qui, selon lui, attestent d’une présence viking au Moyen Âge.

Lundi soir, après avoir rappelé les circonstances de leur lointaine rencontre et l’intérêt réciproque qu’ils portent chacun à Capbreton, Hugo Verlomme, organisateur de la conférence, présenta son invité, Joël Supéry. Il demanda au public, venu nombreux dans la salle Ph’art du casino de Capbreton, d’oublier les Vikings, volontairement caricaturés dans sa présentation par Jean-Marc Gibert, représentant de la mairie en charge de la culture, pour « écouter la conférence en se plongeant dans cet univers viking avec une âme d’enfant » ! Cette précaution d’usage s’expliquant sûrement par les thèses défendues par Joël Supéry dans son dernier ouvrage, paru en février dernier, « La Saga des Vikings. Une autre histoire des invasions » (Éditions Autrement).

L’auditoire, qui l’a religieusement écouté et chaleureusement applaudi à la fin de la conférence, a-t-il été convaincu ? Ceux qui ont emprunté la rue des Baleiniers toute proche pour regagner leur véhicule, ont-ils admis que leurs lointains ancêtres du Haut Moyen Âge vivaient au cœur d’un centre majeur de la Gascogne viking, à une époque – il y a un peu plus de mille ans – où l’on arpentait les rivages à la chasse aux cétacés ?

Prêt à montrer qu’il pouvait « avoir raison contre tout le monde », Joël Supéry s’est appuyé pour beaucoup sur la toponymie des villages gascons – les Vikings n’écrivant pas et n’ayant pas laissé d’œuvres d’art, à ce jour exploitables – pour justifier l’occupation de la Gascogne par les Vikings pendant plus de 140 ans, « plus que la présence française en Algérie ».

Il a longuement détaillé les circonstances favorisant leur installation au sud de la Loire, que les « historiens classiques » (dont Jules Michelet) ont rejetée. Avec facilité et érudition, il a fait revivre à son auditoire les conflits entre les successeurs de Charlemagne et Louis le Pieux, favorisant cette présence scandinave pour construire des voies commerciales sur lesquelles Capbreton et Bayonne rivalisaient d’importance.

Toponymie et interprétations

Au-delà des similitudes toponymiques entre certains noms de communes landaises (Angresse, Ondres, …) et leurs pendants de Normandie, Joël Supéry a trouvé près de 3 000 noms de lieu, des Pyrénées au Massif central, voire au-delà, avec des radicaux d’origine scandinave. L’un des plus célèbres chefs Vikings, Bjorn, serait ainsi à l’origine des noms deBayonne, Béarn, Born… S’appuyant sur des arguments juridiques (le droit de varech, par exemple, qui autorise les riverains à exploiter le résultat des échouages dont l’huile des baleines mortes, rejetées par la mer) ; des savoir-faire artisanaux (technique du clin pour la construction des bateaux) ; charpentes de maisons landaises ; techniques de pêches (dont celle à la baleine), Joël Supéry n’a aucun doute quant à la présence durable des Vikings en Gascogne, même s’il admet quelques interprétations, faute de preuves !

Même chose pour l’origine, très problématique, du nom de Capbreton : longtemps dénommé « Caberton », résultat de l’« écriture torturée » d’« Albertam », devenu, « par une hypothèse crédible » « Cabertam » (« Port d’Albert », Albert étant le nom christianisé de Bjorn, acquis lors de son baptême).

Quant à la Torèle enflammée traditionnellement le 24 décembre à Capbreton, elle correspondrait, pour lui, à une commémoration de la célèbre bataille de Taller (982) marquant la défaite des Vikings devant les Gascons, « donc la destruction du pouvoir viking et, de fait, la fin de la nuit païenne avec la renaissance du christianisme le 25 décembre ».

Les échanges, discussions et dédicaces de l’auteur ont pu se poursuivre autour d’un verre offert dans la salle Océane du casino.

L'HISTOIRE. Les Vikings frappent encore...

 

Lundi 28 mai 2018 

Les vikings n’en finissent pas de susciter les fantasmes… Dans son dernier livre La Saga des Vikings. Une autre histoire des invasions, (Paris, Autrement, 2018), Joël Supéry les imagine en Gascogne. Alban Gautier nous dit pourquoi il faut prendre tout cela avec précautions. Agrégatifs prudence !

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Au moment où l’histoire des rapports entre l’Empire carolingien et les mondes du Nord est inscrit au programme de l’agrégation d’histoire, paraît un livre qui prétend révolutionner l’histoire du phénomène viking en France. L’auteur affirme en effet apporter les preuves de la création dans les années 840 et du maintien pendant un siècle et demi d’une principauté viking en Gascogne, dont l’existence aurait bouleversé le cours de l’histoire européenne et dont les conséquences se seraient fait sentir à très long terme, au moins jusqu’à l’époque moderne ; cette principauté aurait été fondée par un clan scandinave bien identifié, dirigé entre autres par le légendaire Björn Côte-de-Fer, qui aurait méthodiquement organisé l’invasion et l’occupation du pays afin de s’assurer la maîtrise lucrative des routes commerciales (en particulier celles de la traite des esclaves) en direction de la Méditerranée islamique et byzantine.

L’auteur pose donc de bonnes questions, qui mériteraient une étude plus fouillée : l’ampleur et l’impact des invasions vikings en Aquitaine a-t-il été sous-évalué dans l’historiographie ? Peut-on repérer dans la documentation des traces de leur présence, en particulier de leur activité de traite et d’éventuelles construction politiques ? Peut-on même repérer un effort concerté de conquête de la part de certains chefs vikings au sud de la Loire ? Ce livre présente toutefois de graves défauts méthodologiques qui obèrent presque entièrement ses conclusions. Parmi les plus saillants, on relèvera principalement une critique des sources effectuée non pas à partir de critères internes et externes visant à l’objectivité, mais en fonction de leur adéquation avec la thèse défendue : d’où une extrême méfiance envers des sources contemporaines d’assez bonne tenue, et un recours systématique à une documentation tardive peu fiable – par exemple, à la prétendue « charte de Lobaner », qui a été demasqué comme un faux grossier depuis le milieu du XIXe siècle. Par ailleurs, l’usage immodéré et peu critique de la toponymie – des dizaines de noms de lieux d’origine scandinave surgissent partout où, de Bayonne à Bernay, des sonorités évoquent le nom de Björn – débouche sur des exagérations telles que les conclusions en sont entièrement faussées.

Alban Gautier

Pour plus de précisions, on renverra le lecteur au compte rendu plus détaillé que Alban Gautier publiera dans un prochain numéro des Annales de Normandie.

http://www.lhistoire.fr/les-vikings-frappent-encore

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A LA UNE LANDES SOUSTONS

Publié le  par I. C..

Le chercheur Joël Supéry présente sa vision des invasions.

L’association les Ch’tis des Landes, en collaboration avec Hugo Verlomme, organise vendredi, à 18 heures, au cinéma L’Atlantic une conférence gratuite sur la présence des Vikings à Soustons, Castets, Magescq et Messanges. Joël Supéry, auteur de l’ouvrage « La saga des Vikings, une autre histoire des invasions », prendra la parole.

Le chercheur en histoire propose une réécriture des invasions vikings en Occident. Selon lui, ils auraient envahi le territoire en 840 avant d’être vaincus en 982.

Héritage traditionnel

Il a constaté « qu’en 1911, les historiens normands ont choisi d’étudier les fondateurs de la Normandie, c’est-à-dire les Danois, actifs au nord de la Loire, et d’ignorer les faits et gestes des Norvégiens, au sud. Or, de nombreuses traditions gasconnes (chasse à la baleine, droit de varech, construction à clin, charpentes landaises, droit successoral et judiciaire et assemblées d’hommes libres), peuvent se rattacher au monde nordique. »

Joël Supéry évoquera les possibles origines scandinaves de quelques communes, s’appuyant sur la toponymie de certains villages. Caricature, histoire, légende : ce fait est sujet à controverse et polémiques et mérite donc que l’on s’y attarde.